Indigenous Peoples, Political Economists and the Tragedy of the Commons

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ABSTRACT
In “The Tragedy of the Commons,” (1968) Garrett Hardin implicitly moved from bounded commons — a pasture or a tribe’s territory — to the case of boundless commons — the ocean, the atmosphere and planet Earth. He insisted on the need for imposing limits on the use of these resources, blurring the difference between communal property and open access regimes. The success of his paper is due in great measure to his neglect of economic, scientific, legal and anthropological literature. His main lifelong focus was on limiting population growth. He could have avoided the conceptual confusion he created by turning to well-known political economists such as John Locke and Adam Smith or, for that matter, jurists, such as Blackstone. Instead, he simply envisioned indigenous lands as an unbounded wilderness placed at the disposal of frontiersmen. Though he eventually acknowledged the existence of managed commons, he had little interest in community rules pertaining to resource exploitation. For him, these were simply moral norms which inevitably became ineffective after a community reached a certain level of population. He also took economists to task for failing to include in their analysis the true environmental and social costs of public decisions. Still, the famous example of the indigenous people of Northeastern Quebec illustrates a shortcoming of his analysis: community members did not act in total isolation from each other. On the contrary, communal norms could prevent an overexploitation of resources or allow for the adoption of corrective measures.
RÉSUMÉ

Dans “The Tragedy of the Commons,” Garrett Hardin passe implicitement des biens communs comportant des limites, tels un pâturage ou le territoire d’une tribu, aux biens communs sans limites, tels l’océan, l’atmosphère et la planète Terre. Il insiste sur la nécessité de restreindre l’utilisation de ces ressources, estompant par le fait même les différences entre la propriété communale et les régimes de libre-accès. Le succès de son article est dû en grande partie au fait qu’il a négligé la littérature économique, scientifique, juridique et anthropologique de son époque. Durant toute sa vie active, sa principale préoccupation est l’augmentation de la population. Il aurait pu éviter la confusion conceptuelle qu’il a créée en consultant des économistes bien connus tels que John Locke et Adam Smith, ou même des juristes, tels que Blackstone. Au lieu de cela, il considère les territoires autochtones comme de simples régions sauvages dépourvues de limites et qui sont placées à la disposition des pionniers. Même s’il reconnaîtra par la suite qu’il existe des régimes de gestion des biens communs, il s’intéresse fort peu aux règles communautaires concernant l’exploitation des ressources. Pour lui, il s’agit simplement de normes morales qui deviennent inévitablement inefficaces après que la communauté a atteint un certain niveau de population. D’autre part, il reproche aux économistes de pas tenir compte dans leurs analyses du véritable coût environnemental et social des décisions collectives. Malgré tout, l’exemple célèbre des autochtones du Nord-Est québécois illustre une faiblesse de son analyse : les membres d’une communauté n’agissent pas de manière totalement isolée. Bien au contraire, les normes communautaires peuvent prévenir la surexploitation des ressources ou permettre l’adoption de mesures correctives.

Ce contenu a été mis à jour le 30/07/2018 à 12 h 32 min.